Notre histoire

 

L’histoire commence à Dieppedalle

L’Oeuvre Normande des Mères a été créée en novembre 1942 par une sage-femme, Léonie CAUCHOIS, dans le but de venir en aide aux femmes de prisonniers enceintes durant la captivité de leur époux.

Par la suite, dans la Maison Maternelle installée dans l’ancien Couvent Sainte Barbe de Dieppedalle étaient accueillies des femmes en «grossesse dite illégitime» qui venaient se réfugier pour accoucher ou déposer leur enfant en vue d’une adoption. Elles allaient trouver à l’O.N.M. une communauté de partage pour les aider à retrouver, dans l’affection et la dignité, une place dans la société et se réhabiliter en tant que femmes, mères puis chefs de famille.

Durant l’année 1956, est arrivée Paulette VOLOIR, elle aussi sage-femme, considérée comme co-fondatrice de l’association compte tenu de son implication et du dynamisme dont elle fait preuve. Elle incite ses collègues à donner toute son importance au lien mère-enfant, par l’acceptation et l’accompagnement de la maternité, la valorisation et la fête de la naissance, la reconnaissance de l’enfant comme personne, la préparation au rôle de mère. Sous son impulsion, pendant la décennie des années 1960 – 1970 l’association s’est organisée ; elle a obtenu des financements publics, ouvert ses premiers appartements pour mères célibataires et s’est projetée dans l’avenir car elle est reconnue. Ses moyens lui permettent de compléter son équipe en personnel compétent particulièrement autour des enfants.

1977 est une date charnière dans la vie de l’association car elle marque sa première diversification et l’accentuation de sa professionnalisation.

Avec l’ouverture du site de Canteleu comme l’exprime Paulette VOLOIR « on passe de la clandestinité du Couvent Sainte Barbe de Dieppedalle à la maison de lumière ».

Cet ensemble comprend un Foyer Maternel, un Centre d’Hébergement pour mères en difficulté, une Crèche de 100 places pour les enfants de l’O.N.M. et de la commune, un self-service ouvert à l’heure du déjeuner pour des résidentes, également pour des personnes de l’extérieur.

“Promouvoir l’être humain en organisant l’accompagnement de personnes et de familles en difficulté, quelles que soient leurs origines pour favoriser l’intégration de tous dans la communauté locale.”

C’est aussi la création dans les anciens bâtiments du Foyer Maternel de Dieppedalle d’un CHRS pour mères en détresse, transféré en 1980 à l’endroit qu’il occupe actuellement, rue Maladrerie à Rouen.

Avec le recrutement cette même année de 85 personnes qui s’ajoutent aux 27 salariés déjà en place, l’O.N.M. se donne les moyens de constituer des équipes pluridisciplinaires composées d’éducateurs spécialisés, de moniteurs éducateurs, d’assistantes sociales, de psychologues, de puéricultrices et d’auxiliaires de puériculture, de gouvernantes, d’agents de service qualifiés, de personnel de bureau. La volonté de qualification et de formation est d’ores et déjà prépondérante.

L’année 1984 est celle de la restructuration générale des services éducatifs.

Avec la création du Centre Maternel à Canteleu par regroupement de la Maison Maternelle de Dieppedalle et du Foyer Maternel de Canteleu, son organisation en différentes unités permet l’accueil et l’accompagnement de jeunes mères et de familles. L’objectif est surtout de développer la qualité de vie : acceptation du rôle de mère, qualité particulière de la relation mère-enfant, considération du bébé et des enfants comme des personnes en interaction avec leur entourage, y compris le père, qualité de l’insertion sociale et professionnelle par l’accès aux ressources, au logement, à la formation et au travail. L’unité mère-enfant du Centre Maternel pour les enfants de 0 à 6 mois d’une part et la crèche attenante qui accueille en milieu ouvert les enfants de 3 mois à 4 ans, d’autre part, favorisent l’éveil et le développement de la relation mère-enfant dans un environnement adapté. Elles permettent aussi aux mères de se rendre disponible pour effectuer des démarches.

La qualification et l’expérience des équipes favorisent déjà l’individualisation des parcours d’insertion. L’élaboration par service, de projets pédagogiques spécifiques constitue de bonnes références de travail. A partir de ces années, l’évolution des mentalités et la promulgation des premiers textes relatifs aux droits des femmes et des familles, à la réduction des inégalités, à l’accès aux ressources, au logement, à la formation et à l’emploi, donnent l’opportunité à l’O.N.M. de constater que ses initiatives sont relayées par les institutions, ce qui favorise leur financement. L’ouverture à Dieppedalle du Centre d’Accueil d’Urgence de Courte Durée pour femmes avec enfants qui se trouvent en grande difficulté suite à une rupture de couple, à une crise familiale ou des violences conjugales, permet à l’équipe de continuer à être confrontée au problème majeur du rapport complexe entre agresseurs et victimes au sein de la cellule familiale et de contribuer à la gestion de situations d’urgence.

Dans son souci de mobiliser les énergies et de plaider pour un accès des familles accompagnées ou autonomes vers un logement de droit commun, l’O.N.M., avec la détermination de ses responsables, ouvre cette même année 1984, un nouveau CHRS : le Service d’Aide à l’Autonomie Sociale qui gère 30 appartements répartis dans l’agglomération rouennaise. Il permet à certaines familles d’accéder plus facilement à la location par la pratique des baux glissants. Elles continuent à bénéficier d’un accompagnement éducatif en milieu ouvert, ce qui présente une alternative intéressante à l’internat.

Les évolutions actuelles

A partir de 1996 se développent des actions en faveur de la petite enfance par la construction et l’ouverture de «Planète Arc-en-Ciel» qui accueille un Centre de Loisirs pour les enfants de 3 à 7 ans. Ce service est une suite à la crèche. Un Relais Assistantes Maternelles complètera plus tard l’offre d’accueil ainsi que l’espace Brin de Soleil, lieu de rencontre et de socialisation pour les enfants de moins de 4 ans accompagnés d’un parent.

Le travail en partenariat avec les services administratifs et sociaux, les collectivités territoriales, les bailleurs, les associations, les structures de formation et d’emploi se développe ; les réseaux se constituent pour tenter de favoriser l’insertion sous toutes ses formes.
Tout en restant par son nom, par ses valeurs et par l’esprit «l’Oeuvre Normande des Mères», l’institution poursuit aujourd’hui son évolution en diversifiant ses publics et ses métiers :

• Elle participe en 2001 à la création au sein du «Carrefour des Solidarités» d’un service d’Accueil d’Urgence de couples avec ou sans enfants et met à disposition deux appartements, puis 4 à partir de 2007, Elle reprend en septembre 2003 les activités et le personnel d’une association dieppoise desaisie par la DDASS de son habilitation. Elle gère à ce jour :
– Un CHRS de 29 places en insertion et en urgence pour les femmes avec ou sans enfants,
– Un CHRS Urgence accompagnement social lié au logement de 32 places destiné à des hommes isolés,
– Un ensemble de services de gestion, de suivi et d’accompagnement lié au logement,
– Un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie pour toxicomanes agréé pour délivrer des traitements de substitution et gérer des appartements thérapeutiques, complété par un service de consultation et de prévention destiné aux jeunes consommateurs de substances psycho-actives,

• Pendant l’année 2005 s’est concrétisée l’ouverture, à Rouen, d’un nouveau service dit de «Veille Sociale» pour l’accueil en urgence de familles dépourvues de toute possibilité d’hébergement en logements meublés ou à l’hôtel. Cette structure se trouve renforcée pour héberger chaque année d’autres familles dans le cadre des plans hivernaux. A partir de 2007, ce sont 50 familles qui sont accueillies en permanence toute l’année dans ce service qui prend le nom de Bouvreuil.
Comme on peut le constater, l’Oeuvre Normande des Mères a élargi son domaine d’intervention. Elle montre sa capacité à répondre à des besoins d’accompagnement très diversifiés, des personnes et des familles de toutes origines qui relèvent de l’aide sociale, de l’insertion, de l’urgence, du logement, du médico-social, de la petite enfance et de l’aide sociale à l’enfance.

La professionnalisation de ses équipes lui permet d’adapter ses réponses aux évolutions de la société et aux exigences qualitatives, formulées ou implicites, des usagers et des partenaires prescripteurs et /ou financeurs.
La prise en compte de la dynamique familiale dans son ensemble dépasse la simple interaction agresseur/agressé sur laquelle s’est fondée l’association à l’origine.

Aujourd’hui, elle situe chacun (homme et/ou femme isolé(e) avec enfants) face à ses responsabilités d’adulte confronté au désir de structurer un lien affectif, de le faire durer et de l’inscrire dans un processus satisfaisant d’insertion sociale qui passe entre autres par l’accès aux droits, aux moyens d’existence, à la santé, au logement, à la formation et au travail.
Dès lors, la personne accueillie n’est pas seulement un être à protéger. Elle devient actrice de sa vie en interaction avec tous ceux qui lui permettent d’exister familialement, affectivement et socialement.

En 2011, le pôle médico-social à Dieppe s’est développé : 4 lits halte soins santé ont été créés (3 à Vauban et 1 à la Passerelle) et 3 appartements de coordination thérapeutique financés par l’Agence Régionale de Santé (ARS).